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Nuances d’encre
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Entre les menhirs de Carnac et le cromlec’h

Entre les menhirs de Carnac et le cromlec’h

Carnet de fouilles, An. 1897

"Les ombres projetées par les menhirs sous la lumière lunaire ne suivent pas les mêmes axes que celles du soleil, c’est une géométrie plus courte".

 

 

 

Quand le vent glisse entre le menhir et le cercle, il réactive Sītā soulevant son souffle, il réveille son pas. Les gravures deviennent alors des lignes de danse, des écritures mouvantes et des plumes de lumière. Si l’on cesse de l’écouter, elle se retire, elle retourne dans le nœud, dans la chambre de pierre où elle attend que quelqu’un entende à nouveau son frémissement, mais parfois, rarement, comme un secret qui insiste au lever du soleil, une lueur parcourt encore les menhirs, c’est Sītā qui s’étire, qui effleure la pierre avant de replonger dans son silence.

 

 

 

Ici, à Carnac, chaque pierre parle en largeur, en horizontal et en pas de géant, le son propagé se transforme, le vent glisse différemment sur les surfaces qui renvoient des échos courts, presque imperceptibles pour les disperser dans l’ouverture du champ. Les alignements créent des couloirs d’air où les bruits se filent, s’étirent et se perdent jusqu’à  Brocéliande où tout change, la forêt absorbe, adoucit, arrondit, le vent porte les mêmes mots qu’à Carnac, ce qui donne le sens, mais ils arrivent autrement, les arbres ne répètent pas, ils filtrent et donne une autre mémoire, ils sont gonflés par l’humidité, par l’ombre, par la densité des arbres, comme s’ils avaient voyagé longtemps. Dans cet univers structuré de pierres, mousses, troncs et clairières tout se dépose, surtout, on se recueille naturellement, le corps ralentit, la voix baisse, les phrases naissent autrement, avec d’autres noms, d’autres images, parce que le lieu impose sa manière de parler, c’est la physique du vent, la porosité du bois, la réverbération du granite et la façon dont nos propres mots s’ajustent à ce que nous traversons. 

Ce moment entre Carnac et Brocéliande je l’ai pensé depuis Avignon, je l’ai écrit comme une Traversée "La Traversée ".

Yolande Kellar

 

Dans la lumière d’Avignon, la roue de la Sorgue tourne, elle porte le souffle initial, celui qui ouvre la scène et fait vibrer la pierre du Palais des Papes. La roue est son premier battement, son premier cercle, le point où le geste devient monde et où la scène commence à respirer. Yk

 

 

 

 

Garuda

Menhir ou table du loch

C’est une idée incarnée, une dramaturgie minérale qui introduit une géométrie sacrée organique et cosmique, la même grammaire que certains mégalithes irlandais, les pierres de Knowth par exemple.