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Les pierres, elles sont là, visibles à marée basse où depuis les hauteurs de Gavrinis, elles sont les anciennes vertébres d’une ouverture circulaire qui se souvient du temps où le golfe était encore terre. À marée basse, elles disparaissent sous la peau turquoise de l’eau et pour le thé noir c’est le cycle de Gura, un tambour qui écoute les marées rejoignant le miroir du serpent d’Ananta dont les anneaux se confondent avec les cercles de pierre. L’entrée du récit est la pierre ornée du fond de Gavrinis.
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Je suis celui qui veille quand les eaux montent
Il est deviné pour effleurer une mémoire ancienne, il tient quelque chose comme un éclat d’éclipse poli par les marées, il a été protégé pour livrer un morceau du récit.
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Un seisme a bien été ressenti jusqu’à Rennes où la terre a tremblé dans la nuit du 4 au 5 août 2026, à 0h53, soit une semaine avant l’eclipse du 12 août. De magnitude 2,9 à 3,0 à l’est de Rennes ont été relevés, un grondement, une vibration brève comme un coup de tonnerre et l’onde s’est glissée, probablement sous Cojoux, Monteneuf, Lanvaux, Carnac et Gavrinis. Les anciens disent qu’un séisme est un réveil, ici le Massif Armoricain a murmuré avant que l’éclipse ne porte son ombre, les pierres ont donc parlé et ceux qui écoutent peuvent entendre dans le Golfe du Morbihan un battement d’ailes très ancien, celui d’Ananta dans un théâtre d’ombres venu manipuler un éléphant de papier noir, comme une marionnette du Kerala. Puis l'onde, comme un appel venu de la rivière d’Auray a soulevé les tertres de la lune pour mieux danser sur celles dressées de Carnac qui respirent les marées d’un océan souvent furieux dans ses tempêtes qui joue avec nos émotions et les cris des enfants chantant avec les mouettes.
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Tertres de la lune - Vallée de la Boyne - Irlande
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Le géant écroulé de Gavrinis sur la rive d’Auray
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Le géant face aux tertres de la lune
Il se tient là, sur la rive face à la rivière de Gavrinis et d’Er Lannic, son souffle de granite attend que le courant vienne lui parler et la lune lui rendre visite afin de le faire apparaître chaque nuit d’un reflet pareil à une flamme dans l’eau. Er Lannic est un miroir d’offrandes sous la vigilance du Géant qui étend son ombre jusqu’à Gavrinis, dans ce cromlech on y dépose des coquilles, des pigments et des fragments de lin que l’eau emporte doucement dans sa cadence tandis que les astres gravés s’animent dans les pierres célestes de Gavrinis.
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Le vent portait une odeur de varech et Gavrinis apparaissait comme une masse sombre aux voyageurs. Le voilier glissait, les voiles couleur de lin claquaient, les cordages n’y pouvaient rien puisqu’ Ananta hantait les lieux pour nouer mes récits de pages virevolant dans les esprits. "Ici vous entrez dans un livre" dit le pilote, Ananta suivit glissant sur les herbes et frôlant les pierres.
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Photo IA le site est inaccessible au public
Le champ du dragon de Cojoux a laissé après l’incendie les herbes brûlées et les cendres dans un lieu dévasté. La pierre, ici est entourée de terre noire et une végétation consumée, les menhirs veillent dans la brume grise d’une atmosphère funeste entre les pins et les chênes dont les cimes éclataient comme des torches. Le dragon de pierre a perdu ses écailles de granit rouges, le bois autour du château a laissé un tapis de suie pour entrer dans l’histoire et non loin un champ de légumes qui nourrissait les banquets du lieu a été pris dans la danse du feu, les tiges d’haricots, les feuilles de choux et les fleurs de courgettes se sont recroquevillés sous la chaleur d’un été de canicule, l’air sentait la terre rôtie et la sève brûlée, il reste le silence, les oiseaux ne chantent plus et le Dragon sous la couche de suie toujours prêt à rallumer la flamme.
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La plus vieille légende des Pays de Vilaine du dragon-serpent
dit qu’un soir, un incendie se déclencha dans le bois de Cojoux, certains disent qu’il s’agissait d’un ancien feu sacré, dans la lueur rouge, on vit une ombre immense s’élever, se tordre puis disparaître dans la fumée. Depuis cette nuit, le dragon ne serait plus revenu, il dormirait sous les pierres se manifestant dans les ondulations du sol de Lanvaux.
Le toponyme ancien de "Cojoux" designe une longue dorsale de shiste mauve proche d’une racine bretonne coet/koad pour bois, forêt, signalant la présence ancienne d’un bois sacré. Selon la légende, les pierres sont porteuses d’interdits, par exemple ces jeunes filles pétrifiées pour avoir été danser le dimanche. Les pierres sont parmi les plus anciennes de Cojoux datées de 7000 ans de notre ère. Le terme Cojoux pourrait être antérieur au mot breton, le dolmen édifié plus tard est dit Chateau-Bu, le mot serait une butte, bosse.
Les sources historiques rapprochent le nom Coetjuval d’un lignage breton ancien, peu documenté, les récits oraux ont disparu. La carte de Cassini montre des lieux-dits : La Haye, La ville-Tual, la Croix neuve, la Basse-Cour, la Ville au Voyer, la Ville au Coq, la Ville au Cheval, dans ces lieux les fermes avaient des droits d’usage mais pas de propriété et les paysans sont peut-être à l’origine de la transmission des interdits par la christianisation qui s’imposait.
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PHOTO provenant d’un blog "balades"
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Intérieur reproduit par IA
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Ces vieux murs en shiste ont une racine bretonne, ce manoir du Val a été édifié par le chevalier Jehan de St Just dans la tradition des chantiers ducaux fin du Moyen-Âge, on y retrouve la "même main" que les manoirs de Tréguel et la ville Danet. Le lignage s’est éteint après des alliances avec les du Plessis et les Treguel au XVIII pour devenir une exploitation agricole.
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Blé Noir
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Chateau du Val XIXeme
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